Lutte contre la corruption : ce que fait l'OFNAC, et ce que dit l'islam
À Bakou, en Azerbaïdjan, le président de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Moustapha Ka, a défendu les réformes engagées au Sénégal. Pour un pays où l'islam occupe une place centrale, la lutte contre la corruption n'est pas seulement une affaire de lois : le Coran et la Sunna la condamnent clairement.

Moustapha Ka participait cette semaine à la troisième réunion de haut niveau des chefs des agences anticorruption des pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), selon Seneweb. Magistrat spécialiste de la criminalité financière, il dirige l'OFNAC depuis décembre 2025. « Les nouvelles autorités ont fait de la lutte contre la corruption une priorité », a-t-il déclaré en marge des travaux.
Il a rappelé que la loi encadrant l'OFNAC a été profondément réformée. Les membres de l'office sont désormais nommés sur concours. L'OFNAC reçoit les déclarations de patrimoine des fonctionnaires concernés, mène des enquêtes et transmet les dossiers à la justice. Une loi protégeant les lanceurs d'alerte a aussi été adoptée en 2025 : selon Senego, les signalements de corruption sont en hausse depuis son entrée en vigueur.
La corruption n'est pas qu'un délit. Pour les musulmans, c'est aussi un péché grave, que les textes condamnent sans ambiguïté. Le Coran l'interdit explicitement : « Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens ; et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et sciemment » (sourate Al-Baqara, verset 188).
Le Prophète ﷺ a maudit le corrupteur et le corrompu, c'est-à-dire celui qui donne le pot-de-vin et celui qui le reçoit, selon un hadith rapporté par Abû Dâwûd et at-Tirmidhî. Il a aussi mis en garde contre les « cadeaux » faits aux personnes qui exercent une fonction publique. Un jour, un collecteur d'impôts revint en disant : « Ceci est pour vous, et ceci m'a été offert. » Le Prophète ﷺ répondit : « Pourquoi n'est-il pas resté assis dans la maison de son père ou de sa mère, pour voir si on lui ferait des cadeaux ? » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim). Autrement dit, un cadeau reçu grâce à sa fonction n'est pas un cadeau.
Ces textes rejoignent la loi : celui qui paie pour obtenir un service ou un passe-droit est aussi coupable que celui qui se fait payer.