Société

LFR 2026 : la Commission des finances rejette le texte une seconde fois

Renvoyé en commission le 27 octobre à la demande du gouvernement, le projet de loi de finances rectificative 2026 a de nouveau été rejeté ce vendredi 30 octobre par la Commission des finances, tout comme les deux amendements de l'exécutif. La suite en séance plénière reste à fixer.

mardi 27 octobre 2026

Mise à jour du 1er novembre. Les députés sont convoqués en séance plénière le mardi 3 novembre 2026 à 10 heures pour examiner le projet de loi de finances rectificative, selon Le Soleil et Ndarinfo. Le groupe Pastef, qui détient 130 des 165 sièges, a répété qu'il ne voterait pas le texte en l'état. Un rejet en commission ne préjuge pas du vote en plénière : c'est l'ensemble des députés qui tranchera.

Mise à jour du 30 octobre au soir. La Commission des finances et du contrôle budgétaire a rejeté une seconde fois, ce vendredi 30 octobre, le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative 2026, selon Dakaractu. Les deux amendements présentés par le gouvernement ont eux aussi été écartés. C'est un revers pour l'exécutif, qui espérait obtenir l'adoption du texte ou, au moins, des ajustements permettant un consensus avec sa majorité.

Ce rejet en commission ne vaut pas vote de l'Assemblée : le texte doit encore être examiné en séance plénière, dont la date n'est pas fixée. Si les députés le rejettent définitivement, la loi de finances initiale 2026 resterait en vigueur.

Avant ce second vote, le ministère des Finances avait répondu aux députés par un mémorandum de 29 pages, selon la presse. Il y défendait notamment l'enveloppe de 790,3 milliards de francs CFA (environ 1,2 milliard d'euros) prévue pour l'énergie, en avertissant d'un risque de pénurie de carburant. Selon Seneweb, sans loi de finances rectificative, l'État pourrait avoir du mal à exécuter certaines dépenses, à régler ses arriérés et à faire face aux chocs extérieurs, notamment sur l'énergie.

Le 31 octobre, le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan a réagi par un communiqué. Il « prend acte » du second rejet et affirme avoir répondu en détail au mémorandum de la commission, sans recevoir ni amendement ni contre-proposition après trois séances. Il met en garde contre les conséquences d'une incertitude budgétaire prolongée sur la trésorerie de l'État, ses financements et ses dépenses prioritaires, dans un contexte de négociations avec le FMI. Il se dit prêt à poursuivre le dialogue lors de la prochaine séance plénière. Le groupe Pastef-Les Patriotes, de son côté, juge les réponses du gouvernement « insuffisantes » et lui reproche de n'avoir modifié le texte à aucun moment, selon la presse.

Les députés étaient réunis ce mardi matin en séance plénière pour examiner le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative (LFR) 2026. Le 23 octobre, la commission des finances et du contrôle budgétaire avait rejeté ce texte, avec les voix du groupe Pastef-Les Patriotes, majoritaire.

La séance a d'abord été brièvement interrompue. Pendant la lecture du rapport de la commission, de la fumée s'est dégagée d'une cabine de l'hémicycle. Les travaux ont été suspendus quelques minutes, puis ont repris. Aucun blessé n'a été signalé, et l'origine de la fumée n'avait pas été précisée en fin de journée.

Pendant la discussion générale, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a demandé le renvoi du texte devant la commission des finances. Il s'est appuyé sur l'article 84 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, qui permet au gouvernement de faire cette demande jusqu'à la clôture de la discussion générale. Il a invoqué la nécessité de « discussions complémentaires dans les plus brefs délais ». Selon lui, cette décision n'est « ni un désengagement de l'exécutif ni une remise en cause du rôle du Parlement ».

Le renvoi étant de droit, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, en a pris acte. C'est désormais la Conférence des présidents qui doit fixer les dates des nouveaux travaux en commission, puis de la prochaine séance plénière.

Le différend porte sur le contenu du budget rectificatif. Le groupe Pastef, qui détient 130 des 165 sièges, dit accepter le principe d'une révision. Il réclame en revanche des garanties sur les fonds spéciaux, plus de transparence et le réexamen de coupes dans les dépenses sociales et d'investissement. Ce bras de fer entre le gouvernement et sa propre majorité est au cœur de la tribune de Malick Sonko, « Quand le gouvernement joue au pompier et PASTEF au pyromane ! », publiée sur Mais quand ?.

Mise à jour du 30 octobre. La Commission des finances et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale est convoquée ce vendredi 30 octobre à 15 heures, salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment, pour réexaminer le projet de loi n° 40/2026. C'est l'unique point à l'ordre du jour, selon la convocation datée du 29 octobre et signée par le président de la commission, Alphonse Mané Sambou.

Entre-temps, le 28 octobre, le président Bassirou Diomaye Faye a demandé en Conseil des ministres au Premier ministre de prendre « les dispositions juridiques nécessaires » pour mettre en œuvre la loi de finances rectificative 2026 et la loi de finances 2027, sans préciser lesquelles.

Au cœur du blocage figurent les fonds spéciaux. Le 19 octobre, Ousmane Sonko avait prévenu que Pastef ne voterait aucun budget sans garanties légales sur leur utilisation. Une loi organique sur leur contrôle, votée par les députés le 1er octobre, a été déclarée contraire à la Constitution le 15 octobre pour des raisons de procédure, selon la presse.