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Kush, MDMA, « purple drink » : les drogues de synthèse s'installent dans nos quartiers

À la Médina, autour du marché Tilène, des riverains disent vivre au milieu des « zombies du kush ». Selon une enquête de Seneweb, Dakar n'est plus seulement une zone de transit pour la drogue : des produits de synthèse s'y vendent et s'y consomment désormais, à très bas prix. Ce qu'il faut savoir, et où trouver de l'aide.

dimanche 1 novembre 2026

Rue 25 prolongée, à la Médina, à deux pas du marché Tilène. Dans une enquête publiée le 30 octobre, des journalistes de Seneweb décrivent des silhouettes figées, immobiles, le regard vide, que les habitants appellent les « zombies du kush ». Selon l'enquête, une dose se vend autour de 1 000 francs CFA (environ 1,50 euro). Des riverains disent ne plus oser sortir la nuit. Le toit du marché Tilène serait occupé par des consommateurs et des revendeurs.

Le kush est une drogue de synthèse : un cannabinoïde mélangé à diverses substances toxiques, parfois des opioïdes très puissants, selon des médecins cités par Seneweb. « Ses effets sont redoutables : sédation extrême, perte de conscience, hallucinations, amnésie et parfois arrêt respiratoire », explique le psychiatre-addictologue Oumar Mamadou Samba. Le danger vient aussi du fait qu'on ne connaît pas toujours sa composition. Le commissaire Adama Wélé avait déjà alerté sur une drogue « mortelle aux effets dévastateurs ».

Le phénomène ne touche pas que la rue. L'enquête décrit aussi la MDMA (ecstasy) livrée à domicile et le « purple drink » ou « lean », un mélange de soda, de sirop à la codéine et de comprimés, consommé dans le monde de la nuit. Selon le Dr Samba, de plus en plus de femmes consultent pour une addiction aux drogues de synthèse, au Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD) comme au service de psychiatrie de l'hôpital de Fann.

La police multiplie les opérations. Le 4 août, une descente à la Médina et au tunnel de Soumbédioune a permis de saisir du kush et d'interpeller plus d'une vingtaine de personnes, selon la presse. À l'échelle de Dakar, d'autres opérations ont eu lieu en juillet, avec des centaines d'interpellations et des saisies de kush, d'ecstasy et de chanvre indien. La loi est sévère : depuis la loi dite Latif Guèye de 2007, le trafic de drogue est puni de 10 à 20 ans de prison ferme. Mais selon les spécialistes cités par Seneweb, les textes doivent s'adapter à des produits dont la composition change sans cesse.