Société

Immeubles qui s'effondrent : 14 000 bâtiments à diagnostiquer d'urgence au Sénégal

Après le drame de la Médina, où un vendeur de café a été tué par la chute d'un balcon le 16 octobre, la question revient avec force : combien d'immeubles menacent de s'effondrer, et que fait l'État ? Selon le ministre de l'Urbanisme, un audit national en a recensé 14 000 à diagnostiquer d'urgence.

mardi 27 octobre 2026

Le 16 octobre au soir, le balcon du troisième étage d'un immeuble de la Médina, rue 17 angle 20, près du marché Tilène, s'est effondré. Un vendeur de café installé en contrebas a été tué, trois personnes ont été blessées. Le procureur a ordonné une enquête, dont les conclusions ne sont pas encore connues.

Ce drame n'est pas isolé. En janvier 2024, l'effondrement d'un immeuble en travaux à Khar Yalla, à Dakar, avait fait au moins cinq morts, sept selon certains médias. Les autorités locales avaient alors recensé 43 bâtiments menaçant ruine dans ce seul quartier. En mai 2025, c'est un immeuble de cinq étages qui s'est écroulé à Ngor.

L'ampleur du problème est désormais chiffrée. Lors du salon Senhabitat, ce mois-ci, le ministre de l'Urbanisme a annoncé qu'un audit national avait identifié 14 000 bâtiments à diagnostiquer d'urgence, selon plusieurs médias. Il y a quelques années, les statistiques officielles n'en comptaient qu'environ 1 450, dont plus de 600 à Dakar.

Selon la presse, une première série de 14 opérations prioritaires, d'un coût de 24,6 milliards de francs CFA, est en cours à Dakar, notamment à la Médina, à Colobane, à Biscuiterie et à Grand-Dakar. Elle vise à reconstruire les bâtiments dangereux et à reloger leurs habitants.

Les communes agissent aussi. Fin août, le maire de Dakar, Abass Fall, a ordonné la démolition systématique des bâtiments menaçant ruine et un recensement complet dans sa commune. Selon Pulse, une cinquantaine de bâtiments doivent être démolis dans le département de Dakar. En juin, le ministre de l'Intérieur avait demandé le recensement de tous les bâtiments à risque dans la région de Saint-Louis.

Comment ça marche ? Quand un bâtiment est jugé dangereux, le maire de la commune prend un « arrêté de péril », qui peut aller jusqu'à l'évacuation et la démolition. Ce sont ensuite le préfet ou le sous-préfet qui organisent la démolition. Mais entre l'arrêté et le départ des habitants, les mois, voire les années, passent souvent, faute de solution de relogement.

Les signes qui doivent alerter : des fissures qui s'élargissent sur les murs ou les poteaux, du béton qui s'effrite et laisse voir des fers rouillés, des balcons ou des dalles qui s'affaissent, des infiltrations d'eau répétées après les pluies. En cas de danger immédiat, éloignez-vous et appelez les sapeurs-pompiers au 18. Pour un bâtiment qui inquiète, signalez-le à la mairie de votre commune.